Seiki.
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La quête du pouvoir a toujours été un dangereux moteur. Malgré les sentiers destructeurs qui devaient être empruntés pour y accéder, les guerriers de cette ère en ont fait leur essence. Ils pourfendaient les terres décharnées - avec une gloire exquise, des dogmes écrasant les âmes et un seul dessein : détruire, posséder, dominer. Les grandes contrées étaient bercées par le fer des armes, une mélodie routinière dans ce climat sous tension constante.Afin de plus rapidement effleurer l'apogée du prestige, des clans naquirent et de puissants êtres ne firent plus qu'un pour s'assurer d'une invulnérable descendance. Au cœur du chaos, émergèrent des factions, des combattants liés par le sang, le chakra et les capacités. Leurs apparitions diminuèrent le désordre créé par les soldats indépendants – qui se rangèrent face à cette montée en puissance. L’accalmie permit aux Daimyos - anciennement terrassés par ce chaos, de reprendre leurs fonctions. Les frontières se dressèrent, scindant les nations divisées.



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Wén Jiāng Kina
Wén Jiāng Kina
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Sujet : Poudre Empoisonnée. ☁︎ 3/?

rédigé le le Mer 29 Avr - 8:53

Des papillons aux poudres toxiques papillonneraient dans les sylves de Kiri, et prendraient une ampleur monstrueuse, embaumant l'air de toxines étouffantes. Les civils se plaignent de maux de têtes constants et de vomissements. Ramenez un par un les papillons au village après les avoir emprisonnés dans une boite.
C'est dans un état comateux que j'ouvre les yeux avec lenteur. Rares étaient les fois où je trouvais la force de m'assoupir dans les paumes de Morphée. Allongée sur le dos, je prenais racine sur la soie galactique du boudoir. Les mornes papillons de nuit qui resplendissaient à la surface de mes prunelles semblaient perdre leurs ailes à chaque battements.  La clarté aurorale, filtrée par l'épaisse brume, éveille de mouvements robotiques mon corps. Comme l'infante de Vénus, je n'étais revêtue de rien d'autres que des longues mèches, qui, comme des algues abyssales, ourlaient les détails d'une enveloppe pudique. Les épines articulaires s'annihilent lorsque, félinement, je m'étire pour statuer dans le logis octroyé par le pouvoir Hôzuki.

J'observe le monde derrière la baie. Une suprême nitescence hivernale s'était abattue, pendant la nuit, sur le bourg abscons ; offrant un horizon émergé des fables oniriques. L’astre solaire s’inclina face à un brouillard béant, étrangement discordant aux autres, éveillé depuis les profondeurs des abîmes immatérielles pour ôter les rares éclats de vie qui subsistaient encore dans les venelles...

Lorsque je m'enfuis du cocon à peine habitable, fait de chaux et de paille, le vent souffle sur mon visage avec une délicatesse aérienne, à la manière d'une caresse irréelle sur ma peau offerte aux alizés. Enveloppée dans des étoffes rappelant la nuit, je m'enfonce dans un horizon qui se pare de mille couleurs automnales dans une valse orangée ornementée de quelques arabesques obscures, hésitant entre bleu et mauve, annonçant inévitablement la proche venue d'une journée clémente. Les couleurs se mêlaient, se charriaient, dansaient ensemble en de splendides mélanges de teintes dans les cieux hésitants, gravant dans mes pupilles d'un bleu azuré des plus purs une toile féerique.

Le rouleau était pelotonné dans ma main et sous mes ongles, je pouvais deviner les ordres. Une couronne épineuse, mais nécessaire à porter pour mon dessein.
Wén Jiāng Kina
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Sujet : Re: Poudre Empoisonnée. ☁︎ 3/?

rédigé le le Ven 1 Mai - 21:59

Ce vent suintant, qui soufflait de toute son ardeur sur les plaines désertées rafraîchissait l'humide chaleur que dégageait le bourg de Kiri. Chaque haute herbe, dans laquelle je valsais, balançait artistiquement contre mes jambes dévoilées, suivant le courant de l'acrimonieuse brise d'air. Ce souffle irrégulier, qui fit danser ma sombre toge telle un linceul mortuaire annonçant la venue de la faucheuse. Ce doux aquilon, accompagné de ces apaisantes parcelles d’eaux larmoyantes, m'appelait, me donnait une envie irrépressible de m’arrêter, profitant de ce brin narcotique. J'étais une nymphe, une enfant d'un fruit mystique – nullement une Kunoichi... Mais cette couverture était nécessaire.

Comme un ange déchu, je m'éloigne du village caché de Kiri, l'esprit confus par mes pensées nébuleuses. Sous mes bottes, la vaste plaine étend ses bras abondants en fleurs dont la couleur des pétales magenta illumine l'aquarelle. Au centre des magnificences statuait un antique cerisier, dont les pétales roses s’envolèrent en un angélique tourbillon qui s'abandonnèrent dans ma crinière, comme un diadème aérien.

Les lianes blessées entamèrent une danse macabre dans ce lieu enchanteur, autour de mes pas. La respiration des arbres semblait saccadée, comme s'ils laissaient s'échapper l'essence de leurs êtres en ces lieux. À l'autre bout du monde, les étoiles resplendissaient dans le gouffre céleste et abandonnaient leur nébuleuse fraîcheur. Des flocons de neige tombaient du ventre de leur mère pour finir dans les bras de la terre – et elles musardaient sous ce ciel enchanteur. Elles, tes matriarches ; elles avaient envoyé leur fruit pourri dans les entrailles d'une capitale bien triste et nuageuse...

Je m'arrête à l'orée d'un marais pour reposer mes genoux ankylosés. Des parcelles de nénuphars inondaient l'immensité céleste donnant cette impression de spirale infernale. Assise sur un sol taché de limon et boue, je caressai lentement sa surface à l'aide de ma main droite. Légèrement appuyée sur mon autre bras, je ne cessais de contempler dans cette position les divinités du ciel. Dans une bulle bleutée se reflétaient mes pensées et souvenirs. Étrangement, j'avais cette impression destructrice d'être protégée par les chimères infernales. Mes prières envers elles ouvraient les portes d'échanges immédiats mais tangibles, telle une goutte de pluie pénétrant le cœur d'une fleur épanouie.
Wén Jiāng Kina
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Sujet : Re: Poudre Empoisonnée. ☁︎ 3/?

rédigé le le Mar 5 Mai - 19:05

Je m’en souviens à présent... Il est si douloureux de se rémunérer cette partie de ma vie. Mais comment pourrais-je oublier le jour où ma vie entière bascula... ? Il m’est toujours singulier de contempler mon juvénile visage portant des ères sur ses cernes. L’atmosphère autour de moi semblait figée, suspendue, je pouvais me déplacer dans notre cosmos et toiser les événements passés qui voltigeaient, comme des fragments plumés autour de mon corps. Tel un spectre hâvre, je fus par surcroît témoin d’une scène déjà jouée maintes et maintes fois durant des soupirs d’assoupissements. Nombreuses arborescences enrichissaient les vallées contiguës, l’horizon m’était décemment accoutumé cependant, c’est comme si j’admirais cet opulent décor pour la première fois. Une glorieuse balafre rocheuse infligée par le temps morcela les contrées d’un dédaigneux canyon. Deux abondants simulacres ornaient la roche, un événement imprégné dans la terre, pour qu’aucune mémoire ne puisse oublier... Certaines stigmates dignes des contes les plus mystérieux furent bien vite oubliés dans ces contrées retranchées.

Aux tréfonds de mes abysses personnels, demeurent des sentiments inchangés depuis de nombreuses années, cachés dans les ténèbres, cherchant la lumière de l’astre solaire dans la nuit glaciale qui règne dans mon âme. Perdue dans les abîmes de mon esprit perturbé, j’essaye vainement de les atteindre...

M’égarant dans mon reflet, je sentis une douceur s'esquisser à l'orée de mon épaule. Les sibyllines énigmes qui ornaient le sanctuaire de mon esprit s'évaporèrent et je me redresse promptement pour observer les battements ailés. Les papillons, fleur sans tiges, voltigent dans cette nature infinie, d'harmonie bleutée. Les vulcains rapides volent comme des oiseaux, leurs ailes noires et splendides semblant secréter de la poussière mystique. Ils soufrent l'espace. Comme des éventails de soie, ils déploient leurs manteaux semés d'argent, leurs robes bigarrées – d'un or verdâtre et changeant. Tu tends une main hésitante sous l'envolée, récupérant les cendres toxiques rejetées entre tes doigts.

Une boîte cristalline sous le bras, les derniers survivants me mènent jusqu'aux montagnes bleues. Froides et inhospitalières. Dans le plus profond de mon être résonnait une mélodie tumultueuse, aux instruments irréels. La douceur de cette cantilène n’était agrémentée que par mystère et magie. Alimentée par ce chant séraphin, de la quiétude naissait en mon sein. Quel était-ce sentiment encore inexploré, cette véhémence envoûtante qui me berçait dans les abîmes opaques. Tel une virtuose s’adonnant à son instrument, la mélopée de l’aversion résonnait dans les tréfonds de mon esprit, chaque annotation berça l’un de mes pas.
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