Seiki.
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La quête du pouvoir a toujours été un dangereux moteur. Malgré les sentiers destructeurs qui devaient être empruntés pour y accéder, les guerriers de cette ère en ont fait leur essence. Ils pourfendaient les terres décharnées - avec une gloire exquise, des dogmes écrasant les âmes et un seul dessein : détruire, posséder, dominer. Les grandes contrées étaient bercées par le fer des armes, une mélodie routinière dans ce climat sous tension constante.Afin de plus rapidement effleurer l'apogée du prestige, des clans naquirent et de puissants êtres ne firent plus qu'un pour s'assurer d'une invulnérable descendance. Au cœur du chaos, émergèrent des factions, des combattants liés par le sang, le chakra et les capacités. Leurs apparitions diminuèrent le désordre créé par les soldats indépendants – qui se rangèrent face à cette montée en puissance. L’accalmie permit aux Daimyos - anciennement terrassés par ce chaos, de reprendre leurs fonctions. Les frontières se dressèrent, scindant les nations divisées.



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Harumitsu Hiro
Harumitsu Hiro
Statut : Rōnin • A
Expérience : 22

Feuille de personnage
Inventaire: Tantô - 5 kunais - 10 senbons

Sujet : ; et maintenant, on entend le fleuve qui pleure [Flashback]

rédigé le le Lun 20 Avr - 2:17
Je sens dans le creux de mes mains les foulées de ton coeur s’allonger. Tu sembles t’accrocher à chacun de ses impact et lui t’abandonne. Je porte ta main contre mon torse, comme pour ordonner à ton corps de suivre ma cadence. Le vent emporte avec lui les dernières effluves de ton parfum et je m’agace. Bientôt, je ne sentirai plus que le linceul amarante dont tu t’es couvert. J’aimerais l’arracher à toi et m’en recouvrir.  J’aimerais arracher à la terre toutes les fleurs et trouver celle qui me ramènerait à toi. Mais, jamais aucun arôme n’enflammerait mon corps comme tu le fais. Jamais je ne retrouverais combustible à mon coeur éteint Tu es pris de tremblements et mon corps entier se crispe. Je comprends que tu me quittes. Tu attrapes ma main et je la place dans ma paume. Tu m’offres tes derniers efforts dans ces petits gestes. Je sens mon coeur muselé dans ma cage thoracique supplier de me quitter pour aller se loger au creux de ta main. L’air que tu inspires te paraît maintenant si précieux. Je veille à ne pas t’en priver. Ta poitrine brisée, mutilée se soulève lentement et s’immobilise. Je ne sais dérouler mes cordes vocales pour t’offrir un dernier soulagement. Tu regardes sur le côté et laisse une gerbe de sang te quitter. Mes oreilles se tendent et je te supplie de me dire un mot.

Dans le creux de l’oreille, ta voix délicate, vaporeuse m’avait dit un jour : “Atrape-moi si tu peux”. Et aujourd’hui, je t’ai entre mes bras, immobile. Je sens tes mains passer le long de mon ventre et essayer de me repousser. Tu me refuses cette victoire. Je t’offre ma défaite. Tu attrapes ma main et la dépose contre ta joue. Je vois la source de tes sentiments inonder tes yeux et pleuvoir sur la terre. Je me refuse à la brume qui trouble ma vision, je veux mémoriser tous tes traits, toutes tes singularités. Je m’offre une dernière fois le souvenir de ces quelques cheveux rebelles qui recouvrent parfois ton front, que tu détestes. J’enroule mon index dans la vague de tes boucles et je les remets en place. Tu refusais de vieillir, d’avoir un jour les cheveux aussi clairs que les miens. J’aimerais t’obliger à devenir vieux et laid avec moi, passer ma main dans tes cheveux devenus grisonnants. La mort, elle, t’offre la jeunesse éternelle. Et j’espère que tu m’attendras, dans l’infini, que notre deuxième jeunesse soit éternelle à deux.  

Tes deux yeux sont plongés dans les miens, et m’interrogent “Que fais-tu ?” et les miens te répondent “Tu meurs, il faut bien aussi que je meure !”. Tu sembles apaisé, je te souris. Égoïste, j’offre à mes lèvres une dernière fois la chaleur des tiennes. Tu as dû avoir froid, à m’attendre. Tes joues deviennent pâles, il ne te reste plus que le bleu de tes yeux. Ton corps s’est maintenant enraidi, ton petit visage paraît de plomb et je peine à te maintenir fier. Tu ne serres plus ma main. Je l’agite en te commandant de me la reprendre, à m’en briser les phalanges. Tu ne m’obéis pas, tu ne m’obéis jamais. Tu es têtu et je te hais, je te hais presque autant que le vent qui s’enroule dans tes cheveux. Je hais la lâcheté de mon corps qui me refuse la mort.

Je jalouse l’infini qui t’enlace, me laissant l’enveloppe dégarnie de ton âme.


Librement inspiré de cet extrait d'un poème de Victor Hugo, hommage à son gendre Charles Vacquerie.
Oh ! quelle sombre joie à cet être charmant
De se voir embrassée au suprême moment,
Par ton doux désespoir fidèle !
La pauvre âme a souri dans l'angoisse, en sentant
A travers l'eau sinistre et l'effroyable instant
Que tu t'en venais avec elle !

Leurs âmes se parlaient sous les vagues rumeurs.
-- Que fais-tu? disait-elle. -- Et lui disait : -- Tu meurs
Il faut bien aussi que je meure !
-- Et, les bras enlacés, doux couple frissonnant,
Ils se sont en allés dans l'ombre ; et maintenant,
On entend le fleuve qui pleure.
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