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MessageSujet: Lorem ipsum Jeu 5 Mai - 22:18
Himeru Nora

Loremipsum
HIDDEN STARS


La nuit se veut de cristal, l'astre lunaire bombe le torse, gonfle jusqu'à en exploser. C'est à la fois brulant et froid, des rayons éphémères en guise de rideau nocturne. C'est une nuit de plus que tu passes sur les toits, flânant ça et là à coup de rêves évasifs. Un calme certain, de légers souffles qui mordent ton visage : Le doux tandem entre la fraîcheur de la nuit, et de l'éveil d'un crépuscule.

Quelques heures te séparaient d'une activité à laquelle tu n'aspirai pas vraiment. Les missions te donnent cet amère impression de n'être que le larbin de dernière classe : Quelque chose ou seuls les plus démunis se trouvent à leur juste place : Ta place. Celle de dernier rang, celle des oubliés. Triste ombre parmi tant d'autres, pas plus épaisse qu'une nappe de soie qui longe les murs. Impossible à remarquer, impossible à cerner : Ridiculement différente et hors-norme. C'est cette différence qui te fait arriver de sorte à ce que la réception sursaute quand elle te remarque, certifiant alors ton appartenance au domaine du macabre.

Tu déplies avec légèreté la missive bordée du sceau de cire rouge : marque officielle des dirigeants du village. Pendant un instant, la vue de l'empreinte te perds dans quelques réflexions inutiles, à savoir qui était la personne en charge d’apposer le sceau sur toutes les démarches et juridictions comme les missions. Serait-ce un oublié à ta hauteur, un de ceux qui agit sans geindre, pourtant dieu sait qu'il hurle intérieurement

▬  Nora ?

Une blonde à la voix de crécelle t’interpelle, t'arrache de tes pensées à la manière d'une sirène. Douce et envoûtante, sa voix t'attira sans forcément que tu n'en ai la pleine conscience. Elle te fit signe de la suivre, jouant sur son ton angélique pour mieux faire passer ce travail pittoresque qui t'attendait.

Et puis là, un moment de faiblesse.
La salle qui s'ouvrit te fit l'effet d'une dépressurisation. Tout était hors-norme, gigantesque. Les étagères, les escabeaux, la bibliothèque entière croulait sous la paperasse et la surcharge. Vint ensuite le moment ou tu réalises qu'ils comptent sur toi pour réorganiser l'espace, ranger, et même guider les potentiels lecteurs.

Ils sont malades

Même en y mettant du tien, il te faudrait pas moins de deux années entières pour mémoriser chaque thèmes, chaque emplacement, genre, auteur ou titre. Alors imaginez quand l'envie manque et que la peur oppresse. Tu aurais voulu faire volt-face, t'enfuir en glissant, surfant, volant. Tout mais pas ce genre de tâche ingrate.

Comme en guise de salut de bienvenue, une montagne de parchemins s'affala sur ta tête, décidée à te faire rentrer sur la scène dans un certain brouhaha. Les regards fusent, pire, des sourires naissent et font jaillir des dents opalines que tu ne saurait voir.

Dans un soupir, tu fais voleter les dernières pages qui restaient plantées sur ton crâne, avant de te baisser pour les ramasser. Ton regard se leva et croisa celui de la sirène, qui se contenta d'hocher la tête, l'air de dire « mh oui, tu as tout compris, c'est bidon à ce point, mais courage ! ». S'en suivent plusieurs croisées de bras, de dos arqué, de mains qui se plient, de genoux qui touchent le sol. En une heure, tu n'avais ramassé que la moitié du tas qui t'avais accueilli.

Pour la première fois, les rires se taisent, les regards deviennent jugeurs. Ils scrutent et grimacent : Ton rythme est décevant, tu devrais être de ce genre d'abrutis de Genin qui s'acharnent et se surmènent par positivisme ou peur de bien paraître. Raté, tu serais de ceux qui ne vont pas vite. Ceux qui prennent le temps. Tu ne sais pas mélanger rapidité et efficacité : hors, par instinct ou peut-être par héritage, tu apprécies les choses bien faîtes. C'est donc en tant que Genin recalée de 21 ans que tu avances le long du premier corridor, 3 heures après y avoir commencé le rangement. C'était terminé, parfait à ton goût. Mais une longueur comme celle-ci ne devait représentait qu'un centième de la bibliothèque totale. Cette mission était donc un peu en décalage : Si en un jour, tu ne peux faire qu'une infime partie des tâches données, cela suppose qu'il faut missive de nouveau. Et de là, tout recommence de zéro. On n'apprend pas en un jour ; et on ne renseigne encore moins.  

Dans un soupir, un énième, tu entames une partie historique du village. Implicitement, tes yeux roulent vers les panneaux qui références les hauts gradés, l'histoire du village, mais au delà, du pays.

Les Daimyos y sont mentionnés. Ils ont pour chacun un rouleau identification avec leur histoire, leur arbre généalogique (même si en général, les familles de Daimyos sont liées car le rôle est un héritage). Dans un frisson, tu contemples celui du dernier des héritiers : Ton père. Les écrits ont étés délicatement apposés à la main, d'une calligraphie sans faille, à la fois ronde et solide. Tout dans son histoire semble grand, semble fort.

Mais tu n'y es pas.

Tu froisses le parchemin dans un grognement sec, avant de le ranger avec cette fois ci un peu plus de dynamisme que de raison. L'action te vaut un commentaire désobligeant, sur le respect du papier, de l'histoire, des traditions. Ils attendaient tous le faux-pas comme des rats pour te le faire remarquer, pour te faire comprendre ton statut ; ton rang qui leur était inférieur.

Si vous saviez, jugeais-tu de tes prunelles froides, consciente de ton rang, et du leur.

La cloche tinta et marqua la fin de la journée. Tout le monde soupira, s'étira, et fit miner de passer du bon temps ensemble avant de se quitter. Dans une galipette, tu atterris dans la cours intérieure ou siégeait un banc des plus magistral : Orienté plein ouest, parfait pour saisir les derniers rayons de soleil.

Tes paupières se ferment et tu songes à cette pseudo mission qui se termine.


Par un sifflement, le vent héla ton réveil. La cours était redevenue silencieuse, l'heure, largement avancée dans la nuit. Ton cœur se scinde en deux. Il y a une part de flemme, qui te pousse à rester là, assise, à attendre que le temps te distraie. Et puis il y a cette portion énigmatique qui t'encre sur le banc, non pas désireuse d'y flâner, mais en attente du lendemain. En attente d'une finition.

De tout les missionnaires, lequel y serait allé en traînant la patte, se serait fait remarquer mais pas de la meilleure des façons, et surtout : lequel aurait eu cette soif de finalité au point de se repointer le lendemain, avec une humeur de chien, des cernes creusées et un visage cadavérique.

Toi.
Seulement toi.

Et pas qu'une fois.
Chaque fin d'après-midi, tu te pointes, ferme ton cercle, dresse des barrières intimes, et te noie dans un puits de science avant de ré-organiser l'espace. Et, comme par miracle, tu redeviens ombre, on t'ignore, ne te juge plus. Retour aux origines, à une Nora qui vit comme elle l'entend, sans raison commune ni règles dictées.

Spoiler:
 

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